La vaste notion de progrés : partie 3/4

Publié par Benjamin Tardif le 10/04/2010 dans analyse

Revenons donc à notre montage d’église. 30 minutes de séquences, ça peut vouloir dire plus de 150 bouts à découper, retailler pour garder le meilleur, c’est énorme, c’est impossible de travailler comme ça avec notre défi, je dois aussi conduire et dormir (sans oublier manger, oui ça fait 3 fois que je parle de dormir^^).

L’aventure est facilitée par le fait notamment que je sois le caméraman en question, que ce soit la même personne qui filme et fasse le montage de la vidéo. Cela aide en pouvant s’appuyer sur la mémoire de l’image tournée pour les assembler. Cela aide aussi à se forger la discipline de travail essayant d’accumuler plutôt 5 minutes de séquences excellentes que 30 pour notre fameuse église. Le découpage et la vision d’ensemble nécessaires sont grandement facilités. De plus, quitte à mâcher le travail à ce fainéant de monteur, je capture généralement des séquences qui seront des bouts déjà taillés pour l’assemblage. C'est-à-dire que s’il faut faire un plan d’ensemble + un plan d’un détail, j’arrête l’enregistrement entre les 2 pour que la camera et le pc comprennent cela comme deux séquences indépendantes et donc me faire économiser des manipulations de traitement.

Dit comme ça c’est révolutionnaire, mais c’est une technique très commune. Si par exemple vous n’avez jamais réussi à attaquer le montage du film de vos vacances à Saint Quai avec les petit gamins qui jouent sur la plage et le premier château de sable du petit dernier (sans oublier la grand-mère qui offre des glaces et Dédé qui fait tomber sa boule sur le sable), c’est en partie parce que vous avez filmé à la va-vite des séquences de plusieurs minutes où vous passez d’un élément à l’autre. Alors bien-sûr si vous appliquez la méthode de séparer les séquences à l’enregistrement vous n’aurez pas la boule de Dédé qui tombe sur le sable puisque c’est un événement imprévisible (sauf si on connaît Dédé). Mais en utilisant cette technique, vous aurez déjà 80% des situations couvertes et disponibles sous forme de séquences courtes prêtes pour le montage. Cela évite le fastidieux travail préliminaire habituel de découpage du rush principal en petit, tache qui personnellement peut facilement me faire attendre plusieurs mois avant de m’attaquer au montage du film.

Le fait d’avoir des séquences prêtes à l’emploi est aussi un défi pour l’aventure qui nous concerne. Il faut précisément cibler ce que l’on veut montrer, connaître à l’avance ou élaborer en cours de tournage ce que l’on veut mettre à l’image. En pratique cela vient plus ou moins vite à mesure qu’on fait des vidéos.  Le temps et la motivation sont 2 denrées pouvant se faire rare lors d’un voyage au moyen cours (long cours serait abusif dans notre cas). Ajouter à cela un temps maussade (« y’a pas de soleil, je ne filme pas quand y’a pas de soleil », dixit le caméraman grincheux) et vous obtenez une collusion de facteurs de glande (bouhhhh). Autant préserver la motivation et le moral des troupes en ayant seulement un facteur 2 voir 3 d’images pour chaque vidéo (soit 6 à 9 minutes de séquences si vous avez suivi). Sachant qu’on applique une durée moyenne de séquences de l’ordre de 4-6 secondes chacune pour avoir une séquence prête à l’emploi (il n’y a qu’à couper le mouvement de fin de rush correspondant au moment où notre brutal caméraman a appuyé sur le bouton rec pour arrêter l’enregistrement), nous arrivons tout de même à plus de 70 séquences disponibles par vidéo. Amusez-vous à compter combien il en reste au final. A chaque changement de plan ajoutez 1. Et vous commencerez à avoir une vision du travail.

Afin d’avoir pitié de notre pauvre monteur, autant que ces séquences soient de qualité, sous peine de devoir actionner la touche suppressiontrop souvent et du coup manquer de rush (c’est le risque lorsqu’on choisit de filmer très peu de séquences, il faut être sûr des images qu’on aura). Cela peut arriver lorsque le caméraman a abusé du rosé à midi (ça n’arrive jamais, je vous le concède) et n’a pas réglé la balance des blancs dans l’église, ou bien n’a pas bien géré la dose de lumière arrivant dans la caméra (résultat: l’église ressemble à la cave d’un hlm) et manque de bol il ne s’en est pas rendu compte. Cela peut bien souvent signer le non existence de la vidéo (ce qui est toujours rageant). Ces ennuis arrivant normalement très rarement, on peut rester optimiste. La bonne façon de procéder est bien sur de livrer au monteur des rush d’une qualité égale (ce qui ne signifie pas nulle) afin de lui donner l’envie (si c’est pas un mec blasé sous payé) d’attaquer le projet et de le finir très vite tant l’envie de voir le rendu final le fait trépigner sur sa chaise. C’est un peu comme un mineur de la ruée vers l’or. On a toujours plus d’énergie et de courage lorsqu’on se rend compte que chaque parcelle de son terrain recèle de nombreuses pépites. Je suis un peu comme ça. Le signe évident est lorsque j’ai envie de faire une capture d’écran de ce que je vois pour le garder près de moi. C’est l’annonce d’une vidéo bien jolie à regarder.

La vaste notion de progrés : partie 4/4

Publié par Benjamin Tardif le 09/04/2010 dans analyse

La notion de progrès est donc à tracer non seulement dans le rendu final des vidéos mais dans tous ces petits éléments qui font que le travail est plus facile, plus doux à faire (smooth), que tout coule de source et qu’on prends plaisir à l’aventure en se disant « chouette, vivement qu’on rentre au camping-car pour faire la vidéo ». Cela arrive de plus en plus souvent, tout comme l’impression que la vidéo est bien réussie.

Un moyen pour moi de progresser  a également été le fait de montrer à plusieurs personnes différentes et lors de projections dites « en public », c'est-à-dire avec un auditoire semi acquis (on se connaît) mais néanmoins critique et à plusieurs à la fois. En effet voir et revoir les mêmes 3 vidéos que nous avions choisis de montrer, m’a permis d’analyser les éléments qui me heurtait à chaque fois, ceux qui me faisait bizarre et tout les passages qui me repoussaient. Quand on regarde pour la 10, 20ème fois une vidéo de 3 minutes et qu’on est capable d’expliquer quel plan vient après l'autre ou bien de réciter des bouts de commentaires (« le marché de bolao, quand nous l’avons visité, il était en travaux.. » grrrrrrr), c’est qu’on a commencé à vraiment entrer dans la phase de travail (plutôt que du montage simplement amateur) en reconsidérant celui-ci depuis plusieurs angles de vue.

En effet on ne voit pas pareil une vidéo selon qu’on la regarde avec Sabine qui en est partie intégrante (même si j’ai droit à mon lot de critiques que je ne prends pas toujours bien, mais que je finis souvent par appliquer), qu’avec des membres de la famille ou bien des connaissances étendues. Le fait d’envoyer un lien internet et qu’un mail vous dise « on a bien aimé » fait certes plaisir mais ne décrit qu’un sentiment général à l’issue de la vidéo et non pas les détails, les questions, ou les remarques que la personne s’est faites pendant le visionnage, y compris s’il n'était pas seul à regarder. Le fait de montrer sur son PC en assistant à la projection est tout autre. Nous avons eu l’occasion de le faire à plusieurs reprises et d’entendre des commentaires divers et variés, à l’issue et au cours de projections, en questionnant les gens sur leurs impressions dans une atmosphère de confiance qui leur faire dire (j’espère) le fond de leur pensées de manière constructive. C’est cela, couplé au fait de revoir son travail, et d’intégrer les critiques externes, plus le flot d’interne qui fait progresser non seulement au montage mais directement au moment de choisir quelles images filmer devant un monument ou une situation.

Je me sens progresser, j’espère que vous le verrez aussi sans en être gêné (c'est-à-dire que la qualité de départ ne soit pas trop nulle) et qu’ainsi vous prendrez un plaisir croissant à visionner et partager avec vos amis nos vidéos :)

 

La découverte s'est perdue en route... partie 1/4

Publié par Benjamin Tardif le 08/04/2010 dans analyse

Le tourisme est un mot qui semble désigner la même chose pour la plupart d’entre nous. Et pourtant force est de constater qu’une brève comparaison d’activités au retour de vacances eut directement renseigné sur nos centres d’intérêts, notre conception du voyage et plus encore. Le fait de partir en camping-car pendant de relativement longues périodes (comparé aux 3 semaines en gite rural vécu chaque année auparavant) donne à penser à ce genre de chose.

 

Qu’est-ce que le tourisme de nos jours ? Aller dans les mêmes endroits connus qui servent de référent dans les discussions de bureau afin d’être compris très vite dans l’imaginaire collectif de la machine à café lorsqu’on raconte son séjour ? Et encore, aller dans un même endroit signifie-t-il voir les mêmes choses ? Chacun croit bien avoir son œil à lui, sa vision, et donc son expérience propre de ce qu’il à vécu. Y-a-t-il encore la place pour des expériences uniques ?

 

L’un des thèmes de discussion qui nous est venu lors de la visite de Venise par exemple, c’est l’absence de lieu totalement vierge de tourisme où même tout simplement inconnu de nos jours. Il existe certes des lieux plus intimes et plus préservés, souvent non pas grâce au désir ou choix de l’homme autochtone mais bien du à la difficulté d’accès au lieu. Le tourisme est une industrie. Le tourisme se nourrit de ces séjours où tout est pré-organisé et qui permettent de faire baisser les prix, donnant accès à ce privilège d’autrefois à de nouvelles catégories de population. Cela est-il mal ?

 

J’aurais tendance à séparer les lieux touristiques en diverses catégories. Sans jugement de valeur aucun, il est certain que l’image façonné par les faiseurs de rêves, voyagistes et médias associés, tendent plus vers les Maldives ou Venise que vers la plaine isolé d’Andalousie où la beauté du paysage se mérite et ou le visiteur est encore regardé comme différent de la population locale.

 

L’un des problèmes soulevé est celui de l’affluence constante dans les sites du monde entier, en toute saison, le stéréotype étant la cohorte de japonais, l’œil hagard et transbahuté de la place Saint Marc au canal machin en suivant un torchon bleu accroché au bout d’un parapluie étendard brandi par le guide récitant ses mantras dans son microphone de poche, à destination des oreillettes des fourmis qui le suivent au pas de course. Suivez de près, en cette période de basse saison, les bataillons bruyants et inintéressés d’élèves de collège/lycée venus de l’Europe entière, plus intéressés de savoir si Coralie veut sortir avec Jérémie que par la beauté du lieu, et on les comprend. Enfin, je les comprends. Parce que des choses m’intéressent aujourd’hui de par ma liberté de me déplacer dans le lieu qui ne m’aurait fait ni chaud ni froid, voir révulsé, si on me l’avait imposé via un cours d’italien avec prise de notes et contrôle à la fin. Ce genre de groupe a, au moins, le mérite d’aider à repérer les futurs énarques buvant les paroles du prof :)

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La découverte s'est perdue en route... partie 2/4

Publié par Benjamin Tardif le 07/04/2010 dans analyse

Et il y a, bien sûr, les retraités de tous poils, venus en couple ou en bus entiers de je ne sais quelle campagne, désireux de profiter de leur temps libre chèrement acquis (pensez donc, 40 ans de labeur dans un atelier !) pour rattraper ce même temps perdu au fil des années. En clair, en basse saison, les extrêmes sont de rigueur : ou très jeune ou très vieux, la middle classe d’âge afflue en juillet avec les gamins, déclarant la zone touristique sinistrée pour 2 mois complets.

 

Alors comme ça Benjamin serait allergique aux gens. Et bien pas tout à fait. Même s’il n’est pas agréable de piétiner à Venise au milieu d’une cohue nonchalante, il reste quelques possibilités d’échappatoires. Par la pensée tout d’abord, ce qui à le désavantage de vous voler quelques bénéfices de votre déplacement en ce lieu. Le fait de ma grande taille me permet de surnager au-dessus et d’admirer malgré tout les façades et même l’horizon, la pauvre Sabine devant se contenter parfois du dos des gens quand ce n’est pas leur face éblouie par la boutique Gucci de Venise, aller donc comprendre ce qu’ils font là.

 

L’échappatoire le plus simple que l’on découvre à force d’expérience, c’est que des villes comme Venise qui se transforment en simple parc d’attraction tout en restant habitées par des vrais gens, adoptent forcément une sorte de parcours obligatoire du touriste bien que non matérialisé sur place. A force de guides rédigés année après année dans toutes sortes de langues avec certes toutes sortes de culture mais un sens du « beau » relativement standard d’un pays à l’autres, n’importe quel touriste débarquant sur Venise (restons en à cet exemple typique) se devra de prendre le vaporetto direction l’autre bout de la ville pour admirer la place Saint Marc avant de s’engouffrer dans ces ruelles d’où émerge l’ambiance calme et maritime de la lagune, blablablabla (citation de votre guide).

Donc vous y allez, donc ils y vont et c’est bien normal puisque c’est beau et que finalement être entourés de milliers d’autres gens grouillant c’est ultra cool, on se sens bien dans la masse, on a les même gouts, un peu comme il est conseillé de voir les block buster américains afin d’être capable de parler en terrain commun sans être pris pour l’ovni du coin se délectant de films trop confidentiels pour avoir voix au chapitre lors des mondanités classiques que les gens ne manquent pas de courir (il faut être « in »). Concrètement, si par hasard un guide parle du trajet idéal pour découvrir une ville, il est parfois judicieux, si vous arrivez à une heure assez matinale (ce n’est pas mon cas du à un amour invétéré de la couette chaude du matin), de prendre ce même circuit à l’envers. Si en plus vous êtes totalement décalé au niveau de l’heure du déjeuner de la majorité silencieuse (soit beaucoup plus tôt, soit beaucoup plus tard), vous avez une chance d’éviter le croisement inévitable de votre petit attelage et du groupe tentaculaire et hurleur au milieu inévitable du parcours. 

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La découverte s'est perdue en route... partie 3/4

Publié par Benjamin Tardif le 06/04/2010 dans analyse

Une envie soudaine de fuite à Venise nous fit découvrir une autre échappatoire : passer de l’autre coté ! Comme dans Matrix oui, oui. Enfin bon, si vous regardez une carte de Venise, vous verrez qu’il y a 2 cotés en gros. Celui de la place Saint Marc et en face donc. Et bien oui c’est possible moyennant un écartement raisonnable du flot de touristes suivant le guide d’aller ce perdre dans les ruelles et autre rues non moins magnifiques qu’en face à la différence prêt de se retrouver quasi seul avec le même soleil, les mêmes gondoles, la même eau, la même odeur et les mêmes glaces à 30% moins cher (je vous parle de cela en basse saison/mois de mars, allez pas m’attaquer si en aout c’est différent ;)).

 

L’afflux de touristes pose aussi un autre problème de taille, constaté à Venise (ville auquel je décerne sans peine le titre de plus mauvais accueil restautistique que jamais vu pour le moment), la perte de valeur individuelle du dit touriste. La plupart des gens qui me connaissent savent mon exigence en matière culinaire. Non pas qu’il me faille une présentation super top accompagnée de mets microscopiques, mais plutôt que globalement la qualité doit être au rendez-vous. Autant un plat traditionnel paysan que quelque chose de plus élaboré peut flatter mon palais. Et cela devient de plus en plus dur de s’offrir ce genre de flatterie. Ce n’est aucunement lié à l’épaisseur du porte-monnaie. Mais cela à plus à voir avec l’affût touristique omniprésent où que vous alliez. Cela dit en ciblant l’Italie on n’arrive pas dans le pays le moins touristique du monde, ça c’est sur.

Lorsque votre ville, aller encore Venise, accueille une masse de touristes gigantesque, quel avantage avez-vous, en tant que restaurateur, à vous lever toujours plus tôt, à embaucher toujours plus pour satisfaire le plus grand nombre (synonyme de chiffre d’affaires) alors que l’achat d’un grand congélateur vous permettrait de nourrir à moindre frais et plus rapidement la masse de retraités qui ne demande qu’a être servie le plus rapidement possible pour retourner aux merveilles de la ville d’un pas alerte pour ne pas en louper une miette et ramener à leurs petits enfants les meilleurs photos floues jamais vues ? (avec bobonne dessus attention). Quand en plus on sait que la majorité des gens trouvera un vin bon parce que leur voisin de table aura dit que tel est le cas, et que le gout des palais formatés se tourne de plus en plus vers du surgelé Picard lorsqu’il est à la maison (parisien qui rentre chez toi à 21h après tes heures sup non payées, je pense à toi), comment s’étonner que les hypermarchés du tourisme aient adopté les même normes de gout?

 

Vécu : 1 lasagne à l’aspect vomitif (micro-part) (avec quand même du vrai parmesan dessus, on ne rigole pas) + une pizza authentique gout Picard « comme sorti de la boite » + une bière en canette pour 40€. Dans le même restaurant j’ai entendu des Français trouver ça bon et repasser une deuxième commande J . (Il est vrai que nous aussi on avait encore faim, mais on n’a pas fait de vieux os dans ce restau.)

 

Dire que je me délectais à l’avance de la gastronomie italienne, de goutter les différentes sortes de lasagnes afin de tenter de détrôner ceux de ma moman ou bien encore ceux de Nathalie, quelle déception ! Les meilleures non moins surgelées lasagnes (servies après que j'ai demandé si tous les produits étaient fait maison) l’ont été à Vérone dans un restaurant choisi pour être un peu à l’écart de la place Bra, celle la même abritant l’arène (non, pas celle pour les taureaux, l’autre) de la ville.

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La découverte s'est perdue en route... partie 4/4

Publié par Benjamin Tardif le 05/04/2010 dans analyse

Alors je me mets à la place des restaurateurs. Vous avez une masse de touristes et donc de clients garantie. Que vous leur serviez de la bidoche moyenne ou top classe pour le même prix ils n’y voient que du feu, ne se plaignent pas (parce qu’ils sont dans le trip voyage, c’est trop bien, c’est trop beau, on profite à mort), en redemandent, vous donne même le pourboire, essayent de dire merci en italien (comme c’est mignon), pourquoi vous ne leur serviriez pas la plus basse qualité possible, au prix le plus haut possible tout en mettant des sous de coté pour votre retraite à vous et la revente de votre fonds de commerce avec un taux de profitabilité maximum à quelqu’un de préférence pas du coin qui aura encore moins de scrupules que vous ?

 

Alors j’ai réfléchi. Que ferais-je moi comme restaurateur si j’avais des dons de cuisiniers ? (bah oui pour l’instant je ne sais que manger (et boire) moi)  Un 4 étoiles de la mort à 250€ le couvert où les gens sont sûrs de bien manger ? (et encore je n'ai jamais testé donc le doute est permis, quoique normalement…)  Un restau plein centre avec mini tables, mini chaises, local immense pour en caser le plus possible et micro-ondes en série pour réchauffage express et distributeur de parmesans presque frais ? Alors j’ai encore réfléchi, essayé de trouver une analogie avec du vécu à moi. Une situation qui pourrait ressembler.

 

Et puis j’ai trouvé. J’aime le bon vin et le whisky. En vins comme en whisky il y a des gammes, pour simplifier on s’attardera sur le whisky. Vous avez celui de base qui convient à tout le monde en apéro, compter 15€ la bouteille en supermarché. Ensuite pour les connaisseurs, la gamme trouve de la profondeur, bien sûr en fonction du nom mais surtout en fonction des années de vieillissement concédé, 8, 12, 16 ans, etc.… Mélangé (blend), non mélangé, blabla. (Le cognac c’est un peu le même genre si vous connaissez (sur le coup des années)). Imaginons que j’invite un ami. Comme tout ami, j’ai envie de lui faire plaisir. Cependant je me rappelle que la dernière fois, je lui ai servi un vin de fou pour accompagner la bonne cuisine de ma gentille femme. Ce vin il l’a apprécié comme si j’avais servi le premier prix Leclerc, vous savez celui conditionné comme les briques de lait. En clair pas d’extase, pas de palais égayé, pas de compliment ou de remerciement, bref c’est un très bon ami, on s’entend bien mais il n’a manifestement pas le sens du gout très sensible, on va pas lui en vouloir. Mais mon whisky super bon et super cher, ça serait bien dommage de lui donner à lui, puisque qu’il ne savourera pas et n’aura pas de profit différent qu’avec celui-ci de base.

 

Et bien pour moi les restaurants touristiques c’est la même chose, même s’ils savaient bien faire, ils ne feraient pas, et je les comprends. La faute revient donc au touriste pressé soucieux d’en voir le plus possible (pensez donc, on a fait toute l’Italie en 4 jours/5 nuits !)  Dans un but égoïste d’ingestion d’images plus ou moins floues, bref de consommation. Dans le cadre des lasagnes vomitives, le mot ingestion n’est pas de trop.

 

Pour finir, une confidence : le deuxième jour à Venise, on a mangé au mac’do.

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Remises en questions

Publié par Benjamin Tardif le 18/12/2009 dans états d'âme

En plein montage d’une vidéo sur Sintra, jolie cité très fournie en monuments et dont l’un des palacio est le sujet central de notre sujet, mes pensées vagabondent, dans des recoins qui ne sont pas les bienvenues. Une semaine affolante en remise en question, la découverte effarante de tremblements insupportables dans les images des 4 dernières videos produites, le doute sur ma capacité à filmer avec les ambitions que j’ai tout du moins, notre rythme assez (trop ?) lent dans ce parcours du Portugal qui nous semble un peu vide. Nous sommes au milieu de choix cornéliens. Aller plus vite, parcourir moult kilomètres en beaucoup moins de temps pour en tirer des vidéos touristiques en masse et variant assez pour garder intérêt de nos futurs lecteurs ? Ou bien adopter un rythme proche de l’immobilisme pour gouter, vraiment s’entend, les charmes de pays qui ne se laissent pas percer par le premier voyageur venu..

La découverte n’est pas un divertissement souffrant de programmation et se zappant comme une mauvaise série télévisée. Nous le savions et cela s’est confirmé, c’est par un pseudo hasard, une chance, le fait d’être au bon endroit au bon moment que se font les rencontres et les vidéos ou articles les meilleurs. On peut donc rester 15 jours dans un même lieu sans saisir l’opportunité qui se présentera au 16 ème. A la fois ce tour d’Europe doit nous ouvrir déjà les yeux sur les réalités différentes des pays, nous sentons que ne serait-ce qu’une rencontre avec un expatrié nous en apprends plus qu’un guide entier (en terme de réalité de mode de vie et habitude s’entend).

Le mot qui revient est : anticipation. Ne pas attendre d’être a Porto pour prendre les contacts qu’il nous y faudra. Ou comment augmenter nos chances de faire la bonne rencontre, la bonne vidéo et d’en retirer nous-même la satisfaction entrant en grande partie dans notre motivation globale….

Mais voila, pour accomplir cela il nous faut connaître à l’avance nos dates de présence dans tel ou tel lieu. Nous qui voulions planifier le moins possible, on dirait que l’on fait marche arrière. La réalité du terrain nous rappelle que la terre est immense, les régions si petites sur les cartes peuvent se révéler fructueuses d’intérêts très divers. Les colis envoyés de France peuvent mettre 15 jours à arriver, mais je m’égare…

Enfin, je ne m’égare pas tant que cela. Etre miné par des discussions avec TNT, une opératrice qui vous rappelle 4 fois pour vérifier vos données aussi banales que le prénom (1 de frais à chaque fois + communication) . Ressasser que la paperasserie est l’une de mes pires ennemies dans les voie que j’emprunte semble en être toute pourvue en quantité suffisante pour provoquer ce sentiment de rejet constant. Seuls les gens lettrés et ne rechignant à remplir le formulaire A26B semblent voués au succès, à l’aboutissement de projet, il y’a un bug quelque part.

Mais on ne perds pas le moral, et puis quoi encore ;)…

Tiens l’iphone datant de moins de 8 mois qui me lâche, cela devrait m’achever, c’est justement mon seul numero donner à TNT pour me contacter, et puis bon.

Une semaine de m***e, en bref.

Je me replonge dans mon montage, back to work finalement, je n’étais pas si malheureux abruti par le travail, à moins que les souvenirs s’effacent de leur aigreur avec le temps, ça doit etre ça.

Voyons voir avec quoi rimera Porto dans quelques semaines…

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En route pour l'aventure !

Publié par Benjamin Tardif le 11/12/2009 dans voyage

Alors que la date que nous nous sommes fixée pour ouvrir le site approche, il reste encore pas mal de travail. Ironie ou réalité qui se rappellent à moi :des travaux que j’aurais du finir depuis longtemps entrent en même temps en phase finale et il faut bien s’en occuper. Mon documentaire , Génération Digitales, doit être fini dans quelques semaines. Fini, enfin, pour de vrai, une galette DVD envoyée à l’usine pour duplication, plus moyen de ne rien changer ensuite, et il suivra son destin de duplication puis de vente. L’auto production était depuis le début une option. Il est vrai que lorsqu’on finance soit-même le projet depuis le début, la logique pousse à l’auto édition, les couts à supporter n’étant pas très élevés en eux-mêmes, le défi est plutôt au niveau des moyens de promotion. Quelques opérations bien ciblées pour assurer sa rentabilité à l’opération d’édition, puis ensuite viser l’atteinte d’une rentabilité globale du projet, chose qui s’annonce plus difficile pour cette fois-ci..

La spirale n’aura pas fini de nous entrainer puisque que suite a l’édition de mon DVD, nous enchainerons (à moins que tout cela ne se fasse en même temps) sur l’édition du livre de Sabine, son regard sur le Congo. Le mot regard s’impose mais impossible de former un titre qui se tienne et représente l’ouvrage à sa juste valeur. Des auteurs commencent par le titre, comme si la face marketing se devait d’être définie, mais bon Sabine trouvera bien toute seule.

Regards-sur-ailleurs est considéré comme ambitieux par la majorité des gens à qui nous exposons le projet. Produire une vidéo par jour, assurer un maximum de qualité dans les plans, le montage, les commentaires audios, essayer de ne pas lasser... Certainement que la foule de choses que nous tentons de prendre en compte lors de notre travail ne leur traverse même pas l’esprit. Mais voila, produire du contenu de manière régulière leur fait sentir le défi. Des vidéos mais également des articles écrit, un minimum réfléchi, illustré par des photographies également de manière quotidienne. Allons-nous y arriver ? On voit que vous n’avez pas vu Sabine à l’œuvre ;) A peine le temps de trier mes plans videos qu’elle à déjà fini l’article du jour et qu’elle prend d’avance. Un feeling mutuel de rapidité habite nos faces à faces travailleurs, comme si l’on s’encourageait chacun à sa façon.

Plus d’un mois que nous tenons la cadence , pas une pointe de découragement à l’horizon, du moins pas de celle qui représente un danger. Sans doute parce que le site n’est pas encore sorti, que nous sommes conscients que nous n’en sommes qu’au début, tant de l’aventure journalistique que de nos découvertes. Commencer par l’Europe ne se révèle pas trop dépaysant mais nous pouvons déjà plus raisonner avec nos acquis et nous efforcer de comprendre les différences, plutôt que de plonger directement dans un bain d’inconnu, expérience néanmoins intéressante s’il en est..

Le fait d’avoir encore tant de chose à faire, de rester occupé, nous aide à maintenir le cap. Je préfère pour ma part ne jamais considérer quelque chose comme « presque » fini, le risque d’abandon et de lassitude étant de fait plus important. Avec la publication quotidienne, c’est l’assurance de voir son travail directement accessible, de lire des réactions, de constater à quel point ce que nous faisons va plaire, etc..

En attendant il faut patienter, créer dans le vide avec le risque de faire fausse route...

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